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Les ghettos de Kingston 1/3

04 Avr

Dans Island Song, Alex Wheatle décrit très bien les bidonvilles de Kingston, leur population bigarrée, la vie organisée autour des cours (les yards) où promiscuité, insécurité, drogue, prostitution côtoient également entraide et petits bonheurs.

Dans la réalité, Kingston est une ville surpeuplée d’environ 700 000 habitants (pour seulement 500 km2), dont plus des deux tiers  vivent dans des « ghettos » qui ont le nom de Ferry, Trench Town, Myrrhvilla, Waltham Park, Crescent Road, Bull Bay et Whitfield Town etc.

Exode rurale dès les années 30

Le phénomène de dépeuplement des campagnes s’accroît dès 1930.Le crash financier de 1929 et le cyclone qui frappe la Jamaïque en 1930 créent une importante récession économique dans le secteur agricole. Ainsi, lorsque les activités cessent dans les fermes et les mines de bauxite de Trelawny, Saint Elizabeth ou Clarendon, les Jamaïcains de l’arrière-pays sont nombreux à aller tenter leur chance à Kingston. Malheureusement, peu d’entre eux ont l’opportunité de trouver une activité rentable dans cette capitale surpeuplée, le marché du travail étant désormais saturé.

A la pénurie d’emplois s’ajoute un manque accru d’habitations et d’infrastructures. Les bidonvilles se développent à une vitesse incroyable dans la partie ouest de la capitale notamment. Par conséquent, à défaut de trouver une vie prospère à la ville, la grande majorité de ces nouveaux habitants n’y trouve que misère, pauvreté et insalubrité.

Politique Gangs et drogues

La vie politique en Jamaïque s’organise autour de deux grands partis, soit le Jamaica Labour Party (JLP) et le People’s National Party (PNP).

Pour contrôler leurs sphères d’influence réciproques, les leader politiques de chaque camp se sont rapidement entourés de milices recrutées dans les ghettos.

Sous la protection d’une partie des autorités de l’Etat, certains ghettos de Kingston et d’autres villes, sont de fait contrôlés par des chefs de gang, appelés « dons« .

L’usage des armes à des fins politiques ou économiques s’est très rapidement banalisé. Puis les posses, ces gangs asservis aux pouvoirs et d’une brutalité implacable, ont élargi et diversifié leurs champs d’activités, notamment dans le commerce des drogues : trafic de cocaïne de l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord et l’Europe et l’exportation de marijuana jamaïquaine.

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Un roman décrit très bien les liens entre les gangs, la drogue et la politique : Born Fi Dead – Laurie Gunst

Lire aussi l’article du Monde Diplomatique : En Jamaïque, les « ghettos » contre l’Etat

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Publié par le avril 4, 2012 dans Club de lecture, Jamaïque

 

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